Gouvernance coopérative : une personne, une voix, et ce que cela change au quotidien

Gouvernance et vie coopérative

Dans une coopérative, chaque associé pèse une voix à l'assemblée générale, quel que soit le capital détenu. Ce principe irrigue l'élection des dirigeants, la révision coopérative et les règles d'entrée et de sortie des associés.

Une personne, une voix : c'est la règle qui distingue une coopérative d'une société commerciale classique. Dans une Scop ou une Scic, le pouvoir de décision ne se mesure pas au nombre de parts sociales détenues mais au nombre d'associés présents. Un salarié qui a souscrit quinze euros de parts sociales pèse autant, à l'assemblée générale, qu'un fondateur qui en détient plusieurs milliers. Ce principe, posé par la loi du 10 septembre 1947 portant statut de la coopération, structure l'assemblée générale, l'élection des dirigeants, la révision coopérative, l'entrée et la sortie des associés, et la transmission d'une entreprise à ses salariés.

Une personne, une voix : ce que cela change concrètement

Le principe coopératif d'égalité des voix s'applique en Scop comme en Scic. Chaque salarié associé dispose d'une voix à l'assemblée générale, quel que soit son statut, son ancienneté dans l'entreprise et le montant du capital qu'il a investi. Cette règle figure explicitement sur la fiche de Service Public Entreprendre consacrée à la Scop : « Chaque salarié associé dispose d'une voix, quel que soit son statut, son ancienneté et le montant du capital investi. »

Concrètement, une Scop ne peut pas fonctionner comme une société anonyme classique où le poids du vote est proportionnel au nombre d'actions détenues. Un associé qui a apporté un capital important ne peut pas, par ce seul fait, peser plus lourd dans une décision stratégique qu'un associé qui vient d'adhérer avec l'apport minimal. Cette égalité change la nature des débats internes : la discussion collective précède le vote, parce qu'aucun associé ne peut imposer sa décision par le simple poids de son capital.

Ce principe a aussi des nuances selon les statuts. Les Scop peuvent admettre des associés extérieurs, dits non coopérateurs, qui n'exercent pas d'activité dans l'entreprise. Ces investisseurs restent minoritaires : Bpifrance Création précise qu'ils ne peuvent détenir au maximum que 35 % des voix et 49 % du capital social, et qu'ils ne peuvent détenir plus du tiers des mandats de dirigeants. Dans tous les cas, la majorité des droits de vote reste entre les mains des salariés associés, qui doivent détenir au moins 65 % des droits de vote et 51 % du capital social d'une Scop.

En Scic, le principe une personne, une voix coexiste avec un sociétariat multiple : la loi impose au moins trois catégories d'associés, salariés ou producteurs, bénéficiaires, et une troisième catégorie qui peut regrouper des collectivités territoriales, des financeurs, des bénévoles ou des entreprises. Chacune vote selon la même règle d'égalité, ce qui oblige à organiser des collèges de vote pour que les décisions reflètent l'équilibre voulu entre les parties prenantes plutôt que la seule loi du nombre dans une catégorie surreprésentée.

L'assemblée générale : convocation, décisions réservées, collèges de vote en Scic

L'assemblée générale est l'organe souverain de la coopérative. Les statuts d'une société coopérative doivent déterminer, entre autres, le mode d'administration de la société, en particulier les décisions réservées à l'assemblée générale, les pouvoirs des administrateurs ou gérants, ainsi que les modalités du contrôle exercé sur ses opérations au nom des associés. Cette exigence, rappelée par Service Public Entreprendre sur les mentions obligatoires des statuts d'une société, se décline dans chaque coopérative selon sa forme juridique, SARL, SAS ou SA.

L'assemblée générale se réunit au moins une fois par an. Elle prend connaissance du compte rendu d'activité de la société, approuve les comptes de l'exercice écoulé et procède, s'il y a lieu, aux élections d'administrateurs ou de gérants et de commissaires aux comptes. Les décisions qui engagent la vie de la coopérative, modification des statuts, changement de forme juridique, approbation des comptes, répartition du résultat, élection et révocation des dirigeants, relèvent de sa compétence exclusive. Les décisions courantes se prennent à la majorité simple des associés présents ou représentés lors d'une assemblée générale ordinaire, tandis que les décisions qui touchent aux statuts eux-mêmes, transformation, fusion, changement d'objet social, relèvent d'une assemblée générale extraordinaire et peuvent requérir une majorité renforcée fixée par les statuts.

En Scic, la structure de l'assemblée générale se complique du fait du sociétariat multiple. Les statuts organisent souvent des collèges de vote distincts pour chacune des catégories d'associés, afin d'éviter qu'une catégorie nombreuse en personnes mais peu engagée dans le projet ne domine systématiquement le vote. Le principe une personne, une voix continue de s'appliquer à l'intérieur de chaque collège, mais la pondération entre collèges, lorsqu'elle existe, est fixée par les statuts et doit rester cohérente avec l'objet d'intérêt collectif de la Scic, qui vise la production ou la fourniture de biens et de services d'intérêt collectif présentant un caractère d'utilité sociale.

Convocation et quorum : vérifier les statuts avant l'assemblée
Aucune procédure uniforme de convocation ou de quorum n'est imposée à toutes les coopératives par un texte unique : ce sont les statuts de chaque société, dans le cadre fixé par le code de commerce et la loi de 1947, qui précisent le délai de convocation, les modalités d'information préalable des associés et le quorum requis pour chaque type de décision. Un associé qui veut connaître ses droits exacts de vote doit donc lire les statuts de sa coopérative, pas seulement la loi.

Dirigeants et conseil de surveillance : qui dirige, pour combien de temps

Dans une Scop, les dirigeants sont nommés par l'assemblée des associés. En SARL ou en SAS, ils sont nommés pour quatre ans au maximum ; ils peuvent être réélus et sont révocables à tout moment par l'assemblée générale. En SA, ils sont élus pour six ans, également réélligibles et révocables à tout moment par l'assemblée générale ou par le conseil d'administration. Un associé peut diriger la coopérative tout en restant salarié, et les associés non salariés ne peuvent détenir plus du tiers des mandats de dirigeants.

Le conseil de surveillance devient obligatoire pour une Scop en SARL, en SAS ou en SA au-delà de vingt associés. Il est composé de trois à neuf membres et son mandat est de quatre ans maximum. Son rôle est de contrôler en permanence la gestion de la coopérative, sans se substituer à l'assemblée générale sur les décisions qui lui sont réservées par les statuts. Le statut social des dirigeants reste particulier : tous les associés coopérateurs, y compris les dirigeants mandataires sociaux, conservent la qualité de salarié, notamment au regard de l'assurance chômage, ce qui distingue le dirigeant de Scop du dirigeant d'une société commerciale classique.

Mandats et seuils de gouvernance en Scop

Dirigeants (SARL, SAS)
4 ans maximum, révocables à tout moment
Dirigeants (SA)
6 ans, réélligibles
Conseil de surveillance
obligatoire au-delà de 20 associés
Composition du conseil de surveillance
3 à 9 membres, mandat 4 ans maximum
Part de mandats réservée aux associés non salariés
au plus un tiers

La répartition des pouvoirs entre l'assemblée générale, les dirigeants et le conseil de surveillance repose sur l'idée que personne ne doit cumuler, à lui seul, la décision stratégique, l'exécution quotidienne et le contrôle de cette exécution, à la différence d'une société où un actionnaire majoritaire peut concentrer ces trois rôles. Même le dirigeant élu d'une Scop reste révocable à tout moment par l'assemblée : son autorité se fonde sur la confiance renouvelée des associés, pas sur la détention du capital.

La révision coopérative : rythme, réviseur agréé, ce qu'il vérifie

La révision coopérative est un contrôle périodique propre aux coopératives, distinct du contrôle comptable qu'exerce un commissaire aux comptes. Elle est menée par un réviseur agréé par le ministère chargé du travail, et elle porte sur l'organisation et le fonctionnement de la coopérative au regard des principes coopératifs, pas seulement sur ses comptes. La fiche de Service Public Entreprendre consacrée à la Scop la définit comme une « analyse de la gestion administrative, économique et sociale de la coopérative ».

Le rythme de la révision dépend de la taille de la coopérative. Pour une Scop sous forme de SARL ou de SAS qui n'a pas de commissaire aux comptes, la révision coopérative est annuelle. Pour une Scop en SA, ou pour une Scop en SARL ou SAS qui dépasse les seuils de désignation d'un commissaire aux comptes, elle a lieu tous les cinq ans. Ces seuils de désignation d'un commissaire aux comptes sont atteints lorsque deux des trois critères suivants sont réunis : un bilan total supérieur à quatre millions d'euros, un chiffre d'affaires supérieur à huit millions d'euros, ou un effectif supérieur à cinquante salariés.

Ce que vérifie le réviseur ne se limite pas aux chiffres. Coop FR, qui organise la procédure d'agrément des réviseurs coopératifs, précise que la révision coopérative constitue un examen critique et analytique de l'organisation et du fonctionnement de la société coopérative au regard des principes coopératifs définis par la loi, et des règles spécifiques à la coopérative révisée, par comparaison avec d'autres entreprises analogues. Elle n'est ni une révision comptable ni une certification des comptes, mais un audit du respect de la démocratie interne, de la liberté d'accès au sociétariat et de la défense des intérêts des associés. Pour être agréé, un réviseur doit justifier d'une expérience professionnelle significative dans les matières juridique, économique, financière et de gestion appliquées aux coopératives, et signer une charte d'engagement par laquelle il s'engage à respecter des règles d'indépendance vis-à-vis des coopératives qu'il révise.

Pour les associés, la révision coopérative a une utilité directe : elle leur donne un moyen de vérifier que leur coopérative demeure fidèle à ses principes fondateurs, et pas seulement rentable. Pour les dirigeants, elle fonctionne comme un outil d'aide à la gouvernance qui peut mettre en évidence, bien avant qu'elles ne dégénèrent en crise, des fragilités dans le fonctionnement des organes ou dans la circulation de l'information entre associés.

Forme de la ScopRythme de la révision coopérative
SARL ou SAS sans commissaire aux comptesannuelle
SARL ou SAS avec commissaire aux comptes (seuils atteints)tous les 5 ans
SAtous les 5 ans

Entrer et sortir : adhésion, retrait, exclusion, remboursement des parts

Une coopérative est une société à capital variable. Cette caractéristique juridique a une conséquence pratique immédiate : le capital social peut varier à la hausse ou à la baisse sans qu'il soit nécessaire de modifier les statuts à chaque mouvement. Les associés salariés peuvent donc entrer et sortir de la société relativement facilement, par un apport ou un retrait de leur apport, ce que Bpifrance Création résume en expliquant que les associés peuvent entrer et sortir facilement de la société par voie d'apport ou de retrait de leur apport.

L'adhésion d'un nouveau salarié associé suit les modalités fixées par les statuts de la coopérative : tout salarié nouvellement embauché a vocation à devenir associé s'il le souhaite, selon les conditions que les statuts déterminent, par exemple un délai de présence minimal ou une souscription progressive de parts par prélèvement sur salaire. La loi crée un lien étroit entre la qualité de salarié et celle d'associé. Sauf disposition contraire des statuts, la renonciation à la qualité d'associé entraîne la rupture simultanée du contrat de travail, et la rupture du contrat de travail, hors les cas de retraite, de licenciement économique ou d'invalidité, entraîne de façon symétrique la perte de la qualité d'associé.

La sortie d'un associé donne lieu au remboursement de ses parts sociales. Parce que le capital est variable, ce remboursement ne nécessite pas de céder les parts à un tiers ou à un autre associé, comme ce serait le cas dans une société à capital fixe : la coopérative rembourse elle-même l'apport, dans les conditions et les délais prévus par les statuts. Les mentions obligatoires des statuts d'une coopérative, selon Service Public Entreprendre, doivent d'ailleurs préciser les règles d'adhésion, de retrait et d'exclusion des associés, ainsi que les modalités de responsabilité et de remboursement des parts sociales. L'exclusion d'un associé, pour un motif prévu par les statuts, suit une procédure que les statuts eux-mêmes doivent détailler, généralement avec un passage devant le conseil d'administration ou l'assemblée générale selon la gravité du motif invoqué.

Le remboursement n'est pas automatique ni immédiat
Le capital variable facilite l'entrée et la sortie des associés, mais il ne garantit pas un remboursement instantané des parts sociales : les statuts peuvent prévoir un délai de remboursement et des conditions liées à la situation financière de la coopérative au moment du départ. Un associé qui envisage de quitter une Scop ou une Scic a intérêt à lire précisément cette clause des statuts avant de prendre sa décision.

Transmettre une entreprise à ses salariés en Scop

Transmettre une entreprise existante à ses salariés en la transformant en Scop est l'un des deux grands schémas juridiques de transmission en Scop, l'autre étant la création d'une Scop nouvelle qui rachète le fonds de commerce de l'entreprise reprise. Dans la transformation directe, l'entreprise conserve sa personnalité morale, sa dénomination sociale et ses numéros d'immatriculation : seuls ses statuts changent pour adopter le cadre coopératif.

La procédure de transformation directe suit des étapes bien identifiées. Le dirigeant cédant commence par céder au moins une part sociale aux salariés candidats, deux au minimum pour une transformation en SARL ou en SAS, sept au minimum pour une SA. Les associés se réunissent ensuite en assemblée générale extraordinaire pour décider la transformation en Scop, adopter les nouveaux statuts coopératifs et admettre au sociétariat l'ensemble des salariés candidats, qui souscrivent du capital à cette occasion. Le capital du dirigeant cédant lui est remboursé directement par la société, un mécanisme que permet le caractère variable du capital d'une Scop. Au cours de la même assemblée générale, les salariés désormais associés élisent parmi eux leurs dirigeants.

Lorsque les salariés repreneurs n'ont pas, au moment de la transmission, les moyens financiers de racheter immédiatement la majorité du capital d'une entreprise mature, la Scop d'amorçage permet d'étaler cette acquisition dans le temps. Ce mécanisme, introduit par la loi relative à l'économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014, autorise des associés extérieurs, des investisseurs qui ne travaillent pas dans l'entreprise, à détenir plus de la moitié du capital social pendant une durée limitée à sept ans. Pendant cette période transitoire, les salariés associés restent minoritaires au capital mais détiennent dès le premier jour la majorité des droits de vote, fixée à au moins 65 %. Les associés extérieurs doivent s'engager, dans les statuts de la Scop, à céder leurs titres ou à en obtenir le remboursement, pour permettre aux associés salariés d'atteindre à terme le seuil de détention de 50 % du capital. À l'issue des sept ans, les associés salariés doivent être devenus majoritaires en capital comme en droits de vote.

La transmission d'une entreprise à ses salariés en Scop produit des résultats mesurables pour l'emploi. Selon les chiffres publiés par la Confédération générale des Scop, 1 368 emplois ont été préservés en quatre ans grâce aux reprises en coopérative d'entreprises en difficulté. Ce chiffre, qui porte sur la mandature 2022-2025 du Mouvement des Scop et des Scic, illustre l'un des effets concrets de ce mode de transmission, aux côtés de la préservation des savoir-faire et de la continuité des relations avec les clients et les fournisseurs, les équipes restant en place après la transformation.

Tableau des obligations annuelles de la coopérative

Au-delà de la vie courante de l'assemblée générale, la coopérative agréée doit respecter chaque année un ensemble d'obligations déclaratives qui découlent directement de son agrément. Une fois l'agrément de Scop obtenu auprès du ministère chargé du travail, la société doit communiquer chaque année divers documents sur le suivi de son activité.

Obligation annuelleCe qu'elle implique
Assemblée générale ordinaireréunion au moins une fois par an, approbation des comptes de l'exercice écoulé
Transmission de documents au ministère chargé du travailsuivi annuel de l'activité pour conserver l'agrément Scop
Révision coopérativeannuelle (SARL ou SAS sans commissaire aux comptes) ou quinquennale (SA, ou SARL/SAS avec commissaire aux comptes)
Répartition du résultat en trois partspart entreprise (réserves), part salariés (participation), part associés (intérêts aux parts, si les statuts le prévoient)

Cette dernière obligation, la répartition du résultat, mérite d'être détaillée parce qu'elle structure la vie financière de la coopérative chaque année. La part entreprise correspond à la réserve légale, au moins 15 % de l'excédent net de gestion selon Service Public Entreprendre, dont au moins 1 % alimente un fonds de développement statutaire ; en pratique, cette part atteint souvent 40 à 45 %. La part salariés, dite part travail, est attribuée aux salariés ayant trois mois de présence dans l'exercice ou six mois d'ancienneté, à hauteur d'au moins 25 % de l'excédent net de gestion, mais elle avoisine en pratique 40 à 45 %. La part associés, sous forme d'intérêts aux parts sociales, n'est versée que si les statuts le prévoient, et elle ne peut jamais excéder les deux autres parts.

Conflits et médiation dans la vie coopérative

Le principe une personne, une voix réduit certains rapports de force liés au capital, mais il ne supprime pas les désaccords entre associés sur la stratégie, la répartition du résultat ou le choix des dirigeants. Dans une coopérative, un conflit se traite d'abord à l'intérieur des instances prévues par les statuts : discussion au conseil d'administration ou de surveillance, puis, si le désaccord persiste, vote en assemblée générale selon les règles de majorité fixées par les statuts. Cette circulation de l'information et cette obligation de débattre avant de trancher, propres au fonctionnement coopératif, jouent un rôle de prévention des conflits que ne joue pas toujours la gouvernance d'une société de capitaux classique.

La révision coopérative, parce qu'elle examine la gouvernance et le respect des principes coopératifs par comparaison avec d'autres entreprises analogues, peut elle-même mettre au jour des tensions de gouvernance avant qu'elles ne débouchent sur un blocage. Lorsqu'un désaccord porte sur l'interprétation des statuts eux-mêmes, par exemple sur les conditions d'exclusion d'un associé ou sur le calcul du remboursement de ses parts, le recours à un professionnel du droit reste la voie la plus sûre, de même qu'un dirigeant qui veut éviter un contentieux a intérêt à documenter chaque décision prise en assemblée générale pour pouvoir en justifier la régularité si elle est ultérieurement contestée.

Quand une tentative de dialogue interne échoue, un associé ou un dirigeant peut se tourner vers une démarche amiable de résolution du litige : un médiateur tente alors d'établir un dialogue entre les parties en conflit pour qu'elles parviennent elles-mêmes à un accord, une voie distincte de l'arbitrage où un tiers décide à la place des parties. Dans une coopérative, où la relation entre associés se prolonge souvent par la relation de travail, préserver cette relation a un poids particulier que n'a pas toujours un conflit entre actionnaires d'une société classique qui ne se croisent jamais au quotidien.

Les questions que l'on se pose sur la gouvernance coopérative

Un associé qui a investi davantage de capital a-t-il plus de poids au vote ?

Non. Le principe une personne, une voix s'applique quel que soit le montant du capital détenu par l'associé, son statut ou son ancienneté dans l'entreprise. C'est la différence fondamentale avec une société de capitaux où le poids du vote est proportionnel au nombre d'actions.

Qui peut diriger une Scop, et pour combien de temps ?

Les dirigeants sont nommés par l'assemblée des associés. En SARL ou en SAS, le mandat dure quatre ans au maximum, renouvelable, et le dirigeant est révocable à tout moment par l'assemblée générale. En SA, le mandat dure six ans. Un associé peut diriger la coopérative tout en restant salarié.

La révision coopérative est-elle la même chose qu'un audit comptable ?

Non. La révision coopérative, menée par un réviseur agréé par le ministère chargé du travail, porte sur l'organisation et le fonctionnement de la coopérative au regard des principes coopératifs, pas uniquement sur les comptes. Elle n'est ni une révision comptable ni une certification des comptes.

Que se passe-t-il quand un salarié associé quitte l'entreprise ?

Sauf retraite, licenciement économique ou invalidité, la rupture du contrat de travail entraîne la perte de la qualité d'associé, et inversement. Les parts sociales de l'associé sortant lui sont remboursées par la coopérative, selon les modalités et les délais fixés par les statuts, le capital étant variable.

Une entreprise classique peut-elle devenir une Scop sans créer une nouvelle société ?

Oui, par transformation directe : les associés se réunissent en assemblée générale extraordinaire, adoptent les nouveaux statuts coopératifs et admettent les salariés candidats au sociétariat. La société conserve sa personnalité morale, sa dénomination et ses numéros d'immatriculation ; seuls ses statuts changent.

Sources citées

Pour revenir au point de départ : entreprendre en coopérative, le guide général du média.